Je publie ici une série de petites chroniques mensuelles que j'écrivais il y a quelques années pour le site Slowfood Normandie.

 

J'ai arrêté avec le décès du webmaster, qui était aussi l'ancien Proviseur de mon lycée, Pierre Rey, à qui j'en profite pour rendre hommage.

 

Manger est un acte humain total

L’idée de fastfood donne à penser. Cette manière de manger rapidement, sans avoir à penser à ce qu’on avale ni à la manière dont cela est produit et préparé, ne se cantonne pas aujourd’hui aux enseignes qui lui sont dédiées, elle a progressivement conquis nos imaginaires, au point de devenir comme un modèle d’alimentation, qui s’est imposé dans les rayons des supermarchés, sur nos tables et dans les poches de nos enfants. Le fait de retirer toutes médiations à l’acte de de se nourrir apparaît comme un progrès pour les esprits modernes préoccupés de vitesse. Mais on se prive ainsi de ce qui donne à cet acte sa dimension culturelle, c’est-à-dire la manière dont chaque civilisation assume son rapport à la nature, au corps humain et à la finitude. Dans la vitesse, il est en effet probable que les hommes négligent certains des aspects les plus importants de leur être. (À suivre)