Fastfood, mange-t-on simplement plus vite ?

La vitesse doit permettre de faire plus dans un temps égal. Pourtant, accroître sa vitesse serait aller simplement plus vite si tout ce qui nous entoure accélérait en même temps et restait identique à soi dans cette accélération. Or, quand un paysage défile sous nos yeux à 300 km/h, ce n’est plus qu’un décor. C’est à un changement qualitatif qu’on a alors affaire, récusant la représentation du temps défendue par les partisans modernes de la vitesse, d’une dimension n’ayant pas d’action sur les événements qui prennent place en lui. Avec la durée qui diminue, on vit peut-être plus de choses, mais on les vit autrement, souvent moins. Ainsi, quand on avale sa nourriture sans la goûter, sans rien en savoir ni rien y voir, on ne mange pas, on ingurgite. (À suivre)