L’alimentation et la jeunesse (1)

 

Récemment en voyage scolaire à Paris, nous avons emmené le soir nos élèves manger dans un foyer de proximité. Pour 10 euros, était proposé un repas complet. L’ensemble était moyen, mais pas mauvais. Nos élèves ont pourtant laissé leurs assiettes à peu près totalement pleines. Ils nous ont reproché de ne pas les avoir emmenés au fastfood. Je leur ai répondu qu’ils pouvaient faire une expérience très simple, acheter un menu complet dans un des fastfoods à l’entrée de nos villes, le déposer sur une assiette pendant quelques semaines et voir ce qui se passait. Je leur ai indiqué que l’expérience devait montrer que ces frites, pain de mie et viande ne pourrissaient pas, en raison des conservateurs qui entrent dans leur composition. Autrement dit, qu’il ne s’agit pas de matière vivante et que cela ne nourrit donc pas.

La jeunesse est aujourd’hui un âge vulnérable : abreuvée de publicités depuis son plus jeune âge, elle s’est habituée à la junk-food (dont des études disent le caractère addictif) [1], elle semble largement indifférente à la qualité de ce qu’elle mange. Critère de différenciation, renfermement dans une classe d’âge, en rupture avec le traditionnel repas familial, cette « nourriture » est en même temps un des vecteurs de l’infantilisme, qui rend difficile de commencer sa vie, de lui donner un sens propre. Elle n’a rien de positif, elle n’est pas un nouveau commencement, mais le degré zéro de l’alimentation.

Mais le discours moral ne suffit pas, parce qu’il ne transmet pas à celui qui l’entend une puissance sur sa vie, il ne peut que décourager et échouer. D’autres voies doivent donc être étudiées. (à suivre)

 

[1]http://www.20minutes.fr/article/394006/Sante-La-junk-food-aussi-addictive-que-les-drogues.php