L’alimentation et la jeunesse (2)

 

La voie ouverte pour l’éducation à l’alimentation est étroite. Elle commence évidemment dans les familles. Mais cela ne suffit pas, parce que le poids de l’agroalimentaire et de ses publicités est colossal. Arrivés à l’âge de l’adolescence, même les enfants dont l’alimentation a été la meilleure ne sont pas à l’abri de la junkfood. Celle-ci n’aurait d’ailleurs pas tant d’importance si elle ne touchait que cet âge de la vie, si elle correspondait seulement à une différenciation bientôt oubliée. Mais elle crée des habitudes fortes et se prolonge par le refus de se nourrir autrement qu’avec des plats tout préparés, qu’on n’a qu’à enfourner au micro-ondes pour pouvoir consommer, dont la composition risque d’engendrer surpoids, diabète et autres problèmes graves de santé. Il n’est qu’à voir la composition des caddies de supermarché remplis par une part importante de la population pour s’inquiéter des conséquences en termes de santé publique.

Mais la morale ne sert pas à grand chose, nous l’avons dit. L’école doit montrer l’exemple et ne pas céder devant les échecs. Entendre les élèves dire que les repas à la cantine ne sont pas bons ne doit pas empêcher de continuer à proposer des plats variés. C’est un leitmotiv chez de nombreux élèves et il n’est pas sûr que, pris individuellement, ils le disent autant. Dans la cantine de mon lycée, les plats servis sont de qualité, souvent excellents. Le chef fait régulièrement une pomme cuite au four avec caramel, vraiment exquise. Mais les élèves se plaignent quand même. Des films ont montré au contraire, Slowfood s’en est fait le relais, que certaines cantines où les repas sont excellents sont plébiscités par les élèves.

À l’heure où le repas gastronomique français entre au Patrimoine Mondial de l’Humanité, il convient d’en faire un appui et de montrer que vraiment la richesse et la diversité de nos terroirs ne font pas partie du passé, mais montrent le seul avenir pour l’alimentation humaine, la relocalisation. Loin de l’alimentation industrielle, dont le bilan carbone et social est catastrophique, puisqu’elle contribue au réchauffement climatique de manière importante, a vidé les campagnes, empêché les agriculteurs de vivre décemment de leur métier et conduit à oublier qu’il s’agissait du plus fondamental de tous les métiers, en le déshumanisant et le rendant anonyme.

 

À suivre