Ce disque magnifique, à la voix indéfinissable, témoigne des doutes de la jeunesse, narcissique mais innocente, qui garde quelque chose de la pureté de l'enfance. Les émotions sont évoquées avec sensibilité et simplicité, sans effets, mais juste ce qu'il faut de sincérité pour être authentique. La jeunesse présentée n'est pas triomphante, complaisante, mais désireuse de vivre, d'aimer, d'espérer. Une belle leçon de vie. Je suis admiratif. Mes filles l'écoutent en boucle, et comme on est bien loin du formatage de la musique de télévision (même si Louane y passe tout le temps), j'en suis enchanté. Un disque rousseauiste, où l'amour de soi ne vire jamais à l'amour propre, ou le narcissisme est léger et touchant. Avec la reprise de la chanson de Renaud, La mère à Titi, on retrouve l'amour de Renaud pour les gens simples, une chanson où domine la common decency d'Orwell. Les gens simples sont miséreux, mais dignes.