Dans ce récit dense, où l'enfant est devenu adulte et mûr malgré ses 18 ans, Hyok Kang relate son expérience de la famine depuis le milieu des années 95. Illustré par ses propres dessins, il s'agit d'un livre éprouvant, où l'inhumanité est permanente, la folie du pouvoir sans limite. Le regard que le narrateur porte sur sa vie est sans complaisance, il sait que son expérience l'a détruit (voir les dernières pages sur la condition des jeunes réfugiés de Corée du Nord à Séoul). Et ce récit vise à lui redonner une assise dans le monde, ce monde que le dernier régime totalitaire de l'histoire n'a cessé de détruire.